Brèves

Publié le par Arnoul MAFFRE

Sanitas : l'abattage est terminé. Aujourd'hui, les derniers arbres du mail ont été coupés. Les militants, sur place et dans les arbres, ont été délogés par la police et les pompiers ont dû intervenir avec la grande échelle. Certains activistes anti-abattage ont affirmé avoir subi des violences policières. Les travaux de la ligne de tram devraient commencer dans la foulée de la "prise de site".

Les élus Verts de Tours prennent position. Dans un communiqué de ce matin, ils persistent et signent dans leur justification de l'abattage des arbres tout en comprenant "l'émotion" des habitants. Ils condamnent cependant le ralentissement des coupes d'arbres : "Cette émotion ne peut aboutir à reconnaître une sorte de principe de « droit à la vie » pour les arbres, qui fonderait un droit à l'objection de conscience et à des pratiques de désobeissance civique devant toute mesure d'abattage." Peut-être une formule pour répondre au qualificatif d'"assassins", utilisé par des activistes sur des banderoles pour qualifier les décideurs.

Nouvelles attributions. Le comité syndical du Sitcat a attribué hier 13 millions de marchés (1). On retiendra notamment celui de la signalisation du tramway, remporté par Alstom et chiffré à 2 millions d'euros. La signalisation routière associée, qui représente 4,3 millions d'euros, sera installée par Forclum.

Pont sur le Cher. En passant par les Deux-Lions, on peut désormais voir la pile numéro trois (première dans l'ordre de la construction) dans son allure définitive de "V". Le décoffrage a eu lieu lundi dernier selon le site tram-tours.fr. Le quart de digue provisoire érigé pour l'occasion va pouvoir être supprimé, tandis que la digue nord sera prolongée jusqu'au milieu du lit du Cher pour y bâtir la pile numéro deux.


(1) La Nouvelle République, 14 avril 2011, "Tram : dernières attributions de marchés".

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sophie robin 27/04/2011 15:49


les proposants (plutôt qu'activistes qui est un terme de journaliste) ou les personnes qui ont alerté à plusieurs reprises (juin 2009 et même avant) la population des abattages sur le mail (c'est
plus long mais ça me convient), des citoyens quoi, ont subi la violkence policière et pour cela il suffit simplement d'aller sur rue89 et taper camille legouil sur le petit rectangle de recherche.
Voilà !


David Chollet 26/04/2011 12:16


personnellement, j'étais resté sur la variante 1 (desserte du palais des sports par lattre de tassigny puis bifurcation sur le mail), et j'ai découvert que la variante 2 a été retenue en même temps
et au même endroit que toi (je rappelle que nous ne sommes pas élus au Sitcat et que nous ne participons pas au comité de pilotage de la première ligne).


Alain Beyrand 26/04/2011 11:49


Je ne me souviens pas de cette concertation de 2007, qui me semble être très peu connue. Ce que je sais, c'est que depuis 2008 le site officiel du tramway présentait cette carte
http://pressibus.free.fr/blogcvl/promenade/mail9.jpg qui préservait le mail sur presque toute sa longueur et que c'était alors le seul point de repère (et il était officiel !). Je sais aussi
qu'avant juin 2009, aucun bulletin municipal et aucun article de la NR n'a parlé de la destruction du mail (ce qui aurait été logique, supprimer 600 mètre de promenade arborée au coeur de la ville,
c'est quand même un évènement !), je sais qu'aucun élu Vert n'en a parlé (ce qui aurait été la moindre des choses pour un écologiste, surtout que, eux, apparemment savaient...), je sais aussi que
la population n'en a pas été avertie par quelque autre moyen (notamment par le CVL Est directement concerné). On était donc effectivement dans l'opacité et le manque de franchise.

Je rappelle que le contexte est une artère vraiment très large et qu'il n'y avait pas lieu d'avoir d'inquiétude particulière sur le tracé du tramway. Il était tellement naturel qu'il passe en
dehors de la voie piétonne...


David Chollet 26/04/2011 09:52


Sur la transparence et la franchise, je me permet de rappeler que les deux options de passage du tramway dans le Sanitas ont été soumises à concertation publique en septembre/octobre 2007 (nom de
code : Mobilitours).
Je publierai bien le schéma des variantes ici, mais ca n'est pas possible : je l'envoie à Alain et Arnoul par mail.
Il etait permis, et même encouragé, c'est le but d'une concertation, de défendre l'option préservant au mieux le mail (insertion centrale bld Lattre de Tassigny), puis d'interpeller les candidats
aux élections municipales de 2008 en ce sens, plutot que dénoncer tardivement et assez malhonnetement une logique du "rouleau compresseur".

David Chollet


Alain Beyrand 23/04/2011 12:02


Bonjour,

Je reviens d'abord sur mon étude. Je comprends qu'on puisse critiquer ma classification entre abattages justifiés et abattages injustifiés (même si je n'ai pas vu d'arguments pertinents s'y
opposant, ce que je craignais tout de même lors de la rédaction). Par contre, il y a des chiffres que l'on ne peut pas contester, c'est le décompte des abattages et des plantations. Quand je montre
que sur la moitié centrale du parcours (entre l'avenue Maginot et le Cher) on abat 510 arbres et on en plante 370, c'est un fait incontestable (reposant sur le comptage basique des croix rouges et
des cercles verts). Il montre à l'évidence que "le bilan vert" en centre-ville est largement négatif (même à supposer que 1 arbre abattu = 1 arbre planté, ce qui est faux sur le court et le moyen
terme). Ne pas partager cette conclusion essentielle, c'est nier la réalité des faits.

Ensuite, je ne répondrais pas directement à des propos s'appuyant sur des extraits choisis d'études confidentielles qui n'ont pas été communiquées aux Tourangeaux. Je rappelle que c'est un fait
majeur qu'a dénoncé le "front de convergence" : un manque complet de concertation et d'explication des choix, alors que justement une enquête publique se doit d'expliquer les choix retenus. J'ai
l'impression que ces études confidentielles ont servi d'alibis pour les décideurs (qui en ont lâché, à leur façon, quelques bribes : dire que 65 % des arbres du mail sont en fin de vie, ce n'est
pas pareil que dire que 34 % présentaient des perspectives de développement au delà de 15 ans), mais qu'elles n'avaient pas la vertu d'être suffisamment convaincantes face aux habitants et aux
associations environnementales, d'où le manque d'explication total lors de l'enquête, signifiant que c'était comme ça et pas autrement (les experts savent, eux) et qu'on n'avait pas à s'intéresser
à ce qui ne nous regarde pas.

Nous n'avons pas les mêmes valeurs. Je préfère la transparence à cette opacité. Je préfère la franchise à la duplicité (notamment pour les places Choiseul et de la Tranchée, pour le mail du
Sanitas) (et je peux parler des cèdres de l'avenue de l'Europe que le Sitcat voulait abattre - alors qu'on essaye de faire croire le contraire - et qui ont été sauvés par la commission de
concertation de 2009 ; et finalement le Sitcat a trouvé le moyen d'en abattre 16 sur les 53, dont, à mon sens, 10 de façon injustifiée). Je préfère l'écoute à la sourde oreille (notamment pour le
cèdre du carrefour de Verdun, les platanes de Jean Jaurès, le refus d'arborer les stations, le refus d'arborer un peu la rue Nationale). Face au mépris des arbres (si un alignement n'a
majoritairement pas de perpective d"avenir au delà de 15 ans, il faut tout abattre), je préfère qu'on les respecte (notamment les arbres vieux et malades, du moment qu'ils ne sont pas dangereux,
doivent vivre avec nous, la faune d'ailleurs les apprécie particulièrement), je suis opposé à l'aseptisation qui transforme les arbres en éléments de mobilier vert calibrés et interchangeables.
Face à la barbarie du "On abat tout et on replante", je préfère le respect et la mise en valeur du patrimoine existant. Un allée arborée comme le mail de Sanitas peut être soumis à un plan de
renouvellement sur plusieurs décénies. Ca se fait ailleurs, mais dans notre ville en emploie la méthode la plus brutale, la moins écologique.

Après les bombardements de 1944, après la mise en place de l'autoroute en 1971, Tours centre (entre Loire et Cher et plus largement entre avenue Maginot et Cher) vient de subir en cette année 2011
une catastrophe écologique majeure. Considérer que dans plusieurs générations on retrouvera ce que l'on vient de perdre est d'abord faux (cf. le bilan vert très négatif) et, ensuite, ça ne nous
console pas de ce que l'on a perdu, surtout qu'au rythme où c'est parti, les arbres plantés ne vivront pas plusieurs de nos générations. Prenez par exemple les arbres de l'avenue Maginot, plantés
récemment alors qu'on savait déjà qu'un transport en commun en site propre passerait là : on les abat déjà, pour je ne sais quelle raison obscure.

Bref, je souhaite que les Verts de Metz viennent s'installer à Tours, eux au moins ont des valeurs que je considère comme écologiques.

Par ailleurs, je m'étonne du manque de transparence sur les conclusions de l'enquête sur le PLU, qui ne semblent pas disponibles sur Internet. Je suis curieux de savoir si le commissaire enquêteur
montre une volonté de corriger la dégradation environnementale que peut engendrer ce Plan Local d'Urbanisme, hélas dans la prolongation des dégâts du tramway (sa volonté ne pouvant être que modérée
puisque je sais que sur ce thème il n'a pu émettre que des recommandations, pas de reserve).

Enfin, je viens tout de même d'apprendre une bonne nouvelle ce matin : les tilleuls de la place Mame ne seront pas abattus. Oufff... Il reste à faire deux petits efforts. 1) Mettre en place un plan
d'entretien et de renouvellement à long terme pour que cette place puisse conserver longtemps son cachet. 2) Prendre en compte ces tilleuls dans le PLU pour qu'ils soient considérés comme un
élément de notre patrimoine, au même titre que les maisons de cette place unique en notre ville, comme surgie du XIXème siècle, un siècle où on savait apprécier les arbres, surtout les grands
arbres. Ca s'est beaucoup détérioré...

Et ce n'est pas être passéiste que de dire ça, l'amélioration et le développement de la "trame verte" est inscrite dans notre PLU, c'est un choix d'avenir que je partage et que certaines villes
savent mener, loin des errements du siècle passé, encore en vigueur en notre ville. Qu'on mette les actes en cohérence avec les déclarations d'intention, plutôt que d'agir en sens inverse, de façon
brutale et irresponsable, comme ça s'est passé pour le tramway.