Curseur-sur-Loire

Publié le par Arnoul MAFFRE

Notre visite du corridor du tram s'était arrêtée place de la Tranchée. En descendant l'avenue, on se retrouve sur la place Choiseul, réaménagée dans le cadre des 369,1 millions d'euros du projet de tramway. Abandonnant sa ligne aérienne de contact, le tramway traversera alors la Loire sur le pont Wilson. Pour arriver place Anatole-France.

C'est sans doute l'aménagement phare du PLU actuellement présenté à la population tourangelle. La place Anatole France, ni rue, ni place, puisqu'elle se confond avec le haut de la rue Nationale, devrait changer de visage. Le but est de recréer une entrée de ville magistrale, à l'image de ce qui existait avant les bombardements de la seconde guerre mondiale.


DSC03335

Un hôtel de luxe (à d.) face à l'église Saint-Julien (à g.) ? Place Anatole France, Tours, 6 avril 2010.


Sur le côté ouest, un complexe hôtelier de grande capacité, comptant deux établissements, verrait le jour à la place des actuels commerces, curieusement bâtis sans étage aucun. A l'horizon 2020, certainement ? "On souhaite qu'il soit réalisé pour l'arrivée du tram" affirme Alain Devineau, adjoint au maire de Tours en charge du patrimoine et de l'urbanisme. Et les commerces, alors ? Ils se réinstalleraient dans un nouveau bâtiment commercial sur la rive ouest. Face à la station de tramway, on peut s'attendre à un succès !

Le musée du compagnonnage demeurerait à son emplacement actuel. "On peut envisager une réorganisation et une extension, mais on le conserve car c'est un élément fort". Et l'adjoint au maire d'évoquer la création d'un autre musée, "un espace à proximité, pour une autre tradition tourangelle qu'est la soierie".

Derrière l'hôtel, l'actuelle école des Beaux-Arts va se transformer en fondation d'art contemporain Olivier Debré. On y trouvera les oeuvres du peintre qui donne son nom au lieu, des expositions temporaires et le centre de création contemporaine, actuellement situé dans le quartier Velpeau. L'école des Beaux-Arts s'installerait alors dans un local plus grand, le pôle des arts graphiques, sur le site Mame, autre "site à enjeux" du PLU et du PADD.

Enfin, on ne peut pas oublier celle qui est l'oubliée perpétuelle du lieu : l'église Saint-Julien. Parmi les orientations d'aménagement du haut de la rue Nationale, celui de créer un parvis à l'église et un meilleur traitement des alentours de l'édifice.

Avec une large place accordée aux musées (techniques, art et patrimoine) et un grand hôtel, la place Anatole France pourrait devenir l'épicentre touristique de l'agglomération, si ce n'est de toute la Touraine.


Deux hôtels encore très flous

La déclaration de principe de cecomplexe haut de gamme est connue depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Les modalités sont en revanche totalement inconnues. Car terminer l'édifice à la mise en service du tram, dans deux ans et demi, est un objectif qui a le mérite de l'ambition. "Un de mes collègues, Jean-Luc Dutreix, a une délégation auprès du maire et travaille sur la construction de ces deux hôtels, qui nous permettra d'accueillir des touristes et des séminaires", déclare le maire-adjoint en charge de l'urbanisme. Il tient à une certaine logique de calendrier et replace le projet dans le contexte de la ligne de tram : "ce ne serait pas compréhensible par les Tourangeaux de voir que l'on met en service ce tram sur un corridor dont on n'aurait pas fini les travaux".

Architecturalement parlant, on ignore encore si le complexe prendra une allure très tourangelle et "traditionnelle", ou la forme d'un tour. Nombre de mystères demeurent : ce choix a-t-il été fait, un architecte travaille-t-il sur le projet, sa construction est-elle financée, comment et par qui sera-t-il exploité, combien y aura-t-il de chambres ? Et le PLU n'apporte finalement aucune réponse : le site du haut de la rue Nationale, sensible du fait de son intégration au secteur sauvegardé et de l'inscription de la Loire au patrimoine mondial de l'Unesco, est traité à part. Et surtout, ce plan est un document d'orientation, pas de de définition complète de chaque projet.

L'architecte des bâtiments de France est en concertation avec la ville, et il y a de quoi. Chacun est apte à se poser des questions sur l'esthétique du lieu : l'hôtel et les locaux commerciaux seront-ils symétriques, peut-on mettre le patrimoine contemporain représenté par cet hôtel au même niveau que la médiévale Saint-Julien ? Ou l'hôtel doit-il au contraire faire profil bas face au monument, aussi bien du point de vue de la hauteur que de l'audace architecturale ?

Publié dans Spécial PADD-PLU

Commenter cet article