D'Europe à la Tranchée, un nouveau corridor

Publié le par Arnoul MAFFRE

En février 2011, le PLU (Plan Local d'Urbanisme) de la Ville de Tours sera soumis à une enquête d'utilité publique. Comme pour la première ligne de tram, cette enquête fait suite à une concertation préalable, qui a eu lieu en juin 2010, elle-même précédée de la mise en ligne du site web « Penser Tours » et de l'installation d'une exposition dans la cour de la mairie. A quelques jours du début de cette enquête, je vous propose une série d'articles pour découvrir les quartiers, les places et les sites remarquables particulièrement concernés par ce PLU qui jalonnent la première ligne de tram.


L'îlot Mayer-Jemmapes

Le croisement des rues de Jemmapes et Daniel Mayer, à Tours-nord, est l'un des sites à enjeux du futur Plan Local d'Urbanisme. Il est prévu, dans le cadre du "renforcement des continuités urbaines dans le corridor tramway", de "conforter et développer les fonctions résidentielles, commerciales et de services". L'objectif ne semble toutefois pas être de bétonner le secteur : la mairie parle de "conserver le caractère végétal du site et de renforcer la maillage des jardins". Concrètement, il s'agira de construire dense le long de la rue de Jemmapes, puis de créer un espace public donnant sur la rue Daniel Mayer à l'est du giratoire.

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L'urbanisation est interrompue le long de la rue de Jemmapes, à proximité du giratoire avec la rue Daniel Mayer. Bientôt des façades d'immeubles sur la rue ? Tours, 26 juillet 2010.

On ne peut évidemment envisager ce secteur sans parler du tramway et surtout du parking-relais, dont l'implantation a été récemment confirmée, à l'emplacement de l'actuel Simply Market. Le site est intéressant du fait de la rapidité d'accès par la rue Daniel Mayer où la circulation est fluide. Une bonne nouvelle à nuancer sur un point : le site de stationnement ne se situera pas tout-à-fait aux portes d'une station. Les utilisateurs devront en effet parcourir 250 mètres à pied pour rejoindre la station Trois-Rivières (au sud) et 400 mètres pour prendre un tram au Beffroi. La présence du collège La Bruyère, associée à celle du parking-relais et à la probable densification urbaine du secteur, repose la question de l'installation d'une station à moyen terme au croisement de la rue Daniel Mayer. L'hypothèse avait d'ailleurs été envisagée lors de la concertation Mobilitours.

Dans le cadre de la densification du carrefour, des zones commerciales sont envisagées en plus des logements et des espaces verts. Il ne reste plus qu'à insister pour l'installation d'un commerce alimentaire de proximité, afin de remplacer le Simply Market auquel la plupart des habitants semblent très attachés.


La place de la Tranchée

Alain Devineau livre son dignostic : "Cette place manque de lisibilité. On souhaite qu'elle soit plus conviviale." Les réflexions ont évoluées depuis l'enquête d'utilité publique et le futur aménagement a été présenté au public. Le scénario d'une circulation reléguée sur un anneau confirmé, avec d'importantes plantations. 23 places de stationnement seront aménagées au sud-est et au sud-ouest de la place. De larges voies piétonnes et une piste cyclable feront le tour de la place. Les cyclistes disposeront d'un local sécurisé pour déposer leur vélo aux tous premiers mètres de l'avenue du Mans. Tous ces aménagements sont intégrés dans le projet de tramway et nécessiteront 1,23 millions d'euros, hors pose des voies.

Des lignes de bus devraient avoir la place de la Tranchée pour origine-destination. En profitant du parking-relais existant ? "Il fonctionne bien, il a été aménagé il y a de nombreuses années mais il commence à saturer. A moyen terme, il faudra réfléchir à son extension. Cela peut se faire en hauteur avec de petits commerces en rez-de-chaussée" répond le maire-adjoint.

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Emplacement de la future station Tranchée (au premier plan), place éponyme (au deuxième plan). L'ancienne mairie de Saint-Symphorien est au fond. Tours, 6 avril 2010.

Ce qui pourrait marquer plus encore en profondeur cette place circulaire, qui marque l'extrémité nord d'un formidable alignement qui court jusqu'à l'Alouette, est l'implantation d'un "signal urbain". Une façon pour Alain Devineau de parler d'une tour, la première d'une petite série que nous rencontrerons au fil du tram. Cet immeuble de grande hauteur s'installerait à la place de l'ancienne mairie de Saint-Symphorien, aujourd'hui délaissée. "On a un belvédère magnifique qui découvre toute la ville", justifie l'adjoint au maire.

Reconstruire la ville sur la ville

Ce pourrait être le maître mot du PLU qui s'annonce à Tours. Le plan veut densifier la ville - ou "l'intensifier", préfère dire Alain Devineau - notamment sur le corridor du tram. Quoi de plus logique à proximité d'un moyen de transport en commun alliant haute fréquence et haute capacité ?

Mais voilà, cette politique risque de ne pas convenir à tous les Tourangeaux, car reconstruire implique la démolition de bâtiments plus ou moins intéressants architecturalement, mais qui tous sont des témoins de leur époque. Faut-il alors sacrfifier la modeste mairie de la commune de Saint-Symphorien, aujourd'hui disparue, sur l'autel de l'audace architecturale ? La question est presque philosophique !

Il est vrai que la ville s'est toujours reconstruite sur elle-même : la diversité du patrimoine tourangeau actuel en est la preuve, même si la dernière guerre a anéanti des immeubles auxquels on n'oserait sans doute s'attaquer aujourd'hui. Mais tout de même, pourquoi l'architecture du début du XXIème siècle n'aurait-elle pas le droit de laisser sa trace au coeur même de la cité tourangelle ?

 

Publié dans Spécial PADD-PLU

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