Des espoirs, mais aussi des inquiétudes et des échecs

Publié le par Arnoul MAFFRE

Que se passe-t-il le long de la ligne de tram ? Il y a de bonnes nouvelles, des projets qui prêtent à sourire, et aussi des inquiétudes. Sur 15 kilomètres de long et plusieurs centaines de mètres de large, tout un ruban de ville vit dans l'attente de la fin d'un chantier de trois ans. Pour ceux qui peuvent attendre, car d'autres ont craqué.

Naturellement, on pense d'abord aux commerçants qui souffrent malgré les indemnisations. Huit d'entre eux ont reçu la précieuse aide du Sitcat fin janvier (1). Quelques milliers, dizaines de milliers parfois, d'euros de perfusion pour attendre encore le retour du chaland descendant du tramway.

Vague de fermetures inquiétante à l'Heure Tranquille

Et ceux qui lâchent l'affaire ne sont pas toujours ceux qu'on croit. Ainsi, Go Sport va baisser le rideau de son magasin de l'Heure Tranquille (2), aux Deux-Lions, à la fin du mois d'avril. Le centre commercial, de nouvelle génération, a visiblement ouvert bien trop tôt. Largement pénalisées par les travaux du tram et l'enclavement du quartier qu'ils provoquent, une poignée d'enseignes ont mis fin prématurément à l'aventure. Après Hippopotamus, Go Sport constitue la deuxième grosse fermeture dans la galerie. Et dès samedi, c'est la boulangerie Paul qui met fin à sa présence à l'Heure Tranquille.


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Les travaux du tram au pied de l'Heure Tranquille, en 2011.


Comment a-t-on pu en arriver là ? Les commerçants ont-ils été trompés sur le potentiel à court terme de la galerie, sont avenir à long terme faisant quant à lui peu de doute ? Les études de marché ont-elles été défectueuses ? Les groupes commerciaux ont-ils une vision à trop court terme en décidant de fermer ? On pourrait le croire, se dire qu'un grand groupe peut bien soutenir quelques mois un magasin en difficulté en attendant le tramway salvateur. Le raisonnement ne tient pas dans le cas de Go Sport, puisque le groupe est déficitaire. Il est par conséquent logique qu'il n'ait pas souhaité traîner plus longtemps le boulet de son magasin de l'Heure Tranquille.

A près de dix-huit mois de la mise en service, on peut enfin considérer sérieusement l'après septembre 2013. C'est ce que fait le patron du Mr. Bricolage qui ouvrira le 29 février prochain avenue de Grammont, à deux pas de la station Jean-Jaurès du tramway. Le Forum de Grammont retrouve quelques couleurs, c'est tant mieux, et c'est à lire aujourd'hui dans la Nouvelle République (3). Les secteur de l'immobilier et du bâtiment devraient également bien se porter le long du corridor tramway. On ne cite plus les projets gare, tri postal et Verdun, entre Loire et Cher, ou Gratias, à Joué.

Chèvres qui regardent passe le tram, mais nouveaux quartiers excentrés

Mais les projets immobiliers ne fleurissent pas seulement sur le corridor du tramway. Rien d'inquiétant jusqu'ici, sauf après lecture de la Nouvelle République du jour, où l'on constate que le projet qui prévoit les densités les plus importantes ne se trouve précisément pas sur ce corridor (4). A en croire le lecteur qui a réagi à propos du projet qui verrait le jour sur le site des anciens abattoirs, rue de Suède, l'opération de 700 logements prévoit une densité quatre fois supérieure à celle du quartier Monconseil, situé, lui, sur le tracé du tramway. Une densité de "200 à 230 logements à l'hectare", contre 50 pour Monconseil, n'a rien d'exceptionnellement élevée, à condition qu'elle se situe sur un axe structurant de transport en commun. Ce n'est donc pas le cas de la rue de Suède. A moins d'y faire passer, dans un deuxième temps, une antenne de la première ligne de tram qui desservirait aussi la Petite Arche et ferait son terminus au Lycée Choiseul.

Ce choix de densité aussi éloigné de la première ligne de tram, permis par le Plan Local d'Urbanisme, paraît d'autant plus incongru que le quotidien régional fait état, le même jour, d'un projet d'élevage caprin sur la plaine de la Gloriette (5). Des chèvres qui se trouveraient plutôt bien desservies par la ligne de tram pour le moment en construction, en limite de Tours et de Joué. Loin de moi l'idée de vouloir construire sur ce "Central Park" à la tourangelle, ou de dénigrer l'agriculture urbaine et périurbaine. Juste l'envie de pointer du doigt un décalage, qui, s'il prête à sourire, pose néanmoins de sérieuses interrogations sur certains choix d'urbanisme. N'aurait-il pas fallu densifier encore plus le long de la ligne de tram, plutôt que de rendre possible une opération comme celle des abattoirs, si loin du coeur de Tours et des arrêts de tramway ?

 

 


(1) La Nouvelle République, 31 janvier 2012, "Huit nouveaux commerçants indemnisés".

(2) La Nouvelle République, 10 février 2012, "Le magasin Go Sport jette l'éponge à l'Heure Tranquille".

(3) La Nouvelle République, 16 février 2012, "Tours, Mr Bricolage s'installe en centre-ville".

(4) La Nouvelle République, 16 février 2012, "Un projet trop dense aux abattoirs ?".

(5) La Nouvelle République, 16 février 2012, "Bientôt du sainte-maure produit à la Gloriette ?".

Publié dans Billets

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william 17/06/2012 16:27

ya des vaches aussi à chavigny à 50 m du tram lolll!
la ville a vu trop gros c'est tout. BON COURAGE.

florian 07/03/2012 20:24

Bonjour ! je trouve le projet de la Gloriette, très original ! Que l on puisse conserver ce coin de verdure ,en pleine ville est une chance ! Moi, qui suis jocondien, j aime la proximité, l arrivée
de chèvres et surtout de leurs...fromage me réjouis davantage ! Après, je vous rejoins quand au fait que la densité de logements, rue de Suède, parait inapproprié !