La fin du voyage pour l'Hôtel Terminus ?

Publié le par Arnoul MAFFRE

La construction de la première ligne de tramway va entraîner la démolition de quelques maisons et immeubles (voir encadré). Je m'étais notamment attardé à l'automne dernier sur l'îlot Vinci, un pâté d'immeubles qui jouxte la gare de Tours et dont une bonne partie va passer sous les bulldozers au deuxième trimestre 2011, dans le cadre de la libération des emprises.

Quatre immeubles sont concernés dont le bâtiment des "Tissus Vinci", l'Hôtel Terminus et l'Hôtel Français, tous trois situés rue de Nantes. La rue en elle-même va aussi disparaître au profit d'un très efficace pôle de correspondances avec la gare SNCF et la gare routière, les démolitions étant justifiées par la trop faible largeur de la rue actuelle pour y implanter une station. Le plus remarquable des trois immeubles est sans doute l'Hôtel Terminus, qui arbore une belle façade de pierre blanche sur ses trois étages. Le passage du tram demandera également la démolition d'une aile de la gare de Tours, nettement moins intéressante que le reste de la gare sur le plan architectural, mais dont la démolition reste regrettable.

Une démolition méticuleuse est-elle possible ?

Ces considérations m'amènent donc à me demander s'il ne serait pas possible de démonter pierre par pierre la façade de l'Hôtel Terminus, afin de pouvoir la recréer à l'identique dans un autre projet architectural ? L'idée peut paraître utopique et bien tardive, mais cette solution serait un bon moyen de conserver un patrimoine architectural et de le mettre en valeur dans un nouvel endroit plus approprié. Par exemple, on pourrait récupérer des éléments d'ornement sculptés pour le fameux hôtel de luxe prévu dans le réaménagement du haut de la rue Nationale !

Si c'était techniquement possible, il faudrait tout de même veiller à ce qu'elle ne remette pas en cause le calendrier de réalisation du tramway. En effet, non seulement l'agglomération ne peut pas attendre plus longtemps l'arrivée du moyen de transport dont elle a tant besoin, mais en plus de tels retards pourraient engendrer des coûts supplémentaires pour le projet.

Enfin, je précise que je ne remets pas en cause la passage du tramway par la gare de Tours, puis dans les emprises de Réseau Ferré de France. Ce tracé est un excellent choix, car il va donner une ouverture supplémentaire pour les piétons et cyclistes entre le Sanitas et le centre-ville, puisque les circulations douces seront autorisées le long de la ligne de tramway.

Le point sur les démolitions

Le projet tramway va entraîner la démolition de plusieurs bâtiments. Du nord au sud, on commencera par citer un pavillon, situé au bout de la rue des Baudrons à Tours nord, qui va disparaître pour laisser place au centre de maintenance du tramway. Dans la traversée de l'îlot Gentiana, c'est une série de garages qui va disparaître ainsi qu'un court de tennis. En centre-ville, une partie de l'îlot Vinci et une partie de la gare sont vouées à disparaître. Un bâtiment jouxtant les voies ferrées et le centre de tri postal va aussi être détruit, se trouvant dans l'axe de la plateforme et gênant son arrivée au Sanitas. Enfin à Joué-lès-Tours, un pavillon situé rue Mansart, près du stade Jean Bouin, doit être démoli.

 

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Pourquoi ne pas récupérer des éléments de cette façade pour les incorporer à l'hôtel de luxe prévu dans le PADD (Plan d'Aménagement et de Développement Durable) de Tours ?

Rue de Nantes, Tours, 17 juin 2010.

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Détails de façade de l'Hôtel Terminus. Rue de Nantes, Tours, 17 juin 2010.

 

Et plus tard ?

A plus long terme, le PADD de Tours préconise la démolition totale de l'ïlot Vinci, hors du cadre du projet tramway. La proposition de ce plan serait de construire une ou deux tours à cet endroit, d'une hauteur limitée par l'Architecte des Bâtiments de France à 70 mètres, pour ne pas dépasser les tours de la cathédrale Saint-Gatien. Rien n'est encore décidé, mais l'idée a déjà stimulé l'imagination d'architectes locaux, comme Alain Gourdon :


http://i604.photobucket.com/albums/tt125/micou2/tourgare.jpg?t=1268557816

 

Photo publiée avec l'aimable autorisation de l'auteur du blog "Du trASh et DeS bAiSerS" (ne vous inquiétez pas, c'est un blog très sérieux), dont je vous conseille la lecture, notamment de l'article "Des tours à Tours".

Publié dans Le projet

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Hugo Massire 21/06/2010 12:46


Bonjour,

Ne vont être démolis, sans doute d’ici la fin 2011, que les immeubles de l’ilot directement présents sur l’emprise du tram ; ceux en façade sur la rue Blaise Pascal vont donc être conservés. La
raison est simplement économique : ces achats de foncier coûtent cher, s’agissant d’un bâti dense et porteur de nombreuses activités, avec les gérants qu’il faut dédommager, etc … Il est
effectivement proposé dans le PADD la construction d’une tour d’au moins 15 étages sur l’ilôt ; le PLU, actuellement en cours d’élaboration, prendra bien entendu en compte cette possibilité. Mais
elle repose, comme tout projet immobilier, sur la bonne volonté d’un investisseur, qui se chargera alors de racheter les derniers immeubles encore debout, la ville lui revendant les emprises
achetées pour le tram. Je ne me fais toutefois pas trop de souci pour ça, pour peu que le contexte économique ne se dégrade pas : on peut je pense raisonnablement penser que cette tour sera en
chantier d’ici la mise en service du tramway. Il faut enfin coller autant que possible le tram à la gare pour offrir le plus de surface à cette tour, sinon l’opération perd en rentabilité.

Je ne crois pas cependant que le tracé prévu engagera trop le futur sur une extension de la gare. On est loin de la saturation, à l’heure actuelle, la difficulté portant surtout sur les
cisaillement de circulation en avant-gare, particulièrement pour le faisceau en provenance de la ligne de Bordeaux. L’abandon progressif des rames Corail permet aussi davantage de flexibilité. La
gare compte actuellement 12 voies à quai, et il devrait être possible d’en réaliser encore deux sur le flanc ouest, même avec le tram.

L’idée est enfin de pouvoir, à long terme, prolonger facilement la ligne de tramway vers la place du maréchal Leclerc, notamment pour le tram-train. La solution retenue est donc un compromis,
certes pas parfait, mais qui est économiquement la plus viable, et qui réserve de bonnes possibilités de développement pour les transports à long terme.


Michel DEGUET 19/06/2010 22:10


Il est difficile de comprendre pourquoi l'Ilôt Vinci n'est pas complètement démoli dès le départ puisque vous évoquez le fait qu'il le sera plus tard.
Quand on examine le plan fourni à l'enquête on s'aperçoit que la partie démolie n'est pas uniforme en largeur puisque subsiste la parcelle N°10 (l'ancienne boutique de l'électicien aggrandissement
du restaurant voisin).
Cette anomalie a pour effet de décaler vers la gare la station du tramway et ainsi pour raccorder le tramway sur les deux voies les plus à l'ouest du chantier de nettoyage SNCF il faudra raccourcir
3 à 4 voies SNCF.
Ainsi on rend beaucoup plus difficle une extension future des quais de la gare de Tours qui serait nécessaire pour développer le trafic "banlieue".
La destruction de cette parcelle n° 10 décalerait la station de tramway un peu à l'ouest et amputerait un peu moins l'espace ferroviaire.


Arnoul MAFFRE 19/06/2010 22:48



Effectivement, cela paraîtrait logique de coupler les deux projets. Le problème du PADD est qu'il donne des préconisations sans dates de réalisation.


Peut-être que le tracé de la ligne pourrait être modifié lors de la deuxième vague de démolition, mais ça coûterait cher et cela entrainerait une coupure de la ligne pendant quelques semaines,
avec une station à reconstruire, sans compter les parcelles à redécouper...


Le problème, c'est que la majeure partie de la population n'est pas informée ou sensible à ces enjeux, et il faudrait beaucoup de contributions dans votre sens pour rendre le projet tram plus
ambitieux dans le secteur...


Un petit lien, et un autre, sur ce sujet, sur le site du PADD.