La rue Nationale ou le bus comme transition

Publié le par Arnoul MAFFRE

Peu y ont cru quand Jean Germain, après son élection à la mairie de Tours, a souhaité réaliser la piétonnisation de l'artère commerçante. Le projet fait couler beaucoup d'encre - le tramway n'est donc pas une première dans le domaine - et finit par se concrétiser en 1999. Le nouvel aménagement profite au bus, qui, malgré sa faible vitesse apparente, gagne du temps et de la fluidité. Tours a inventé avant l'heure le bus à haut niveau de service à la française.

La règle du jeu de la rue Nationale qui prévalait jusqu'aujourd'hui encore n'était plus remise en cause par les Tourangeaux, sans doute conquis pour la plupart, résignés pour quelques-uns. A tel point que l'avancée de la piétonnisation vers le nord (jusqu'à la rue de la Scellerie) passe pour une anecdote ! L'idée que la voiture recule encore un peu semble bien passer dans l'opinion, si bien que certains en voulaient aller beaucoup plus loin dans cette voie.

Pour les cyclistes néanmoins, c'est la fin de la période faste. Alors que la cohabitation avec les bus ne posait aucun problème, il faudra faire avec les rails du tram en 2013. Personne n'a osé interdire la rue aux vélos, mais les seuls perdants dans cette histoire devront faire attention.

Tout recasser douze ans seulement après ne changera pas la recette. La vraie révolution était celle 1999 ; la rue Nationale de 2013 n'aura pas réellement changé de visage. Mais ces douze ans ont constitué la transition entre l'ancien itinéraire européen de Paris à l'Espagne, demeuré important en terme de flux automobile, et le centre commercial à ciel ouvert bercé par les conversations et la cloche du tramway que sera la rue en 2013.


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Clichés historiques des derniers passages de bus dans la rue avant le début des travaux (PM). Tours, 20 février 2011.

 

 


Les travaux de déviation de réseaux sont associés à des fouilles archéologiques rue Nationale. Ils dureront jusqu'en novembre. En décembre prochain, les commerçants bénéficieront d'une trêve de Noël du chantier. Les engins et les hommes réinvestiront la rue dès janvier 2012 pour construire la plateforme, qui sera achevée en septembre dans la partie basse et en novembre dans la partie haute.

Publié dans Billets

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Nicolas B 24/02/2011 23:24


Bonjour Arnoul,
Es-tu actuellement sur Tours, et si oui, serais-tu éventuellement disponible pour une petite interview lundi matin ?
Je suis étudiant en journalisme à l'IUT et je suis assez intéressé par ton site. N'hésite pas à me répondre par mail !


Hugo Massire 20/02/2011 23:58


Un petit mot pour signaler que Jean Royer avait proposé la piétonnisation (à l'époque intégrale !) de la rue Nationale dès mai 1978, quelques semaines après l'effondrement du pont de Pierre. Il
s'appuyait alors sur les résultats d'études de trafic réalisés pour le plan de circulation qui fut, si je me souviens bien, mis en place en 1980.
Toujours est-il que les constats faits en 1978 étaient les mêmes qu'en 1998 : 2/3 du trafic ne fait que passer, et en les déviant, on pourrait réduire les embouteillages, améliorer l'attractivité
des commerces, et accroître l'intérêt pour les TC. Le Pont de Fil devait pour cela être remplacé par un pont routier, et un nouvel ouvrage d'art devait voir le jour au bout de la rue Léon Boyer.
Les avis étaient globalement mitigés. Et puis, on s'est dit qu'on pouvait tout aussi bien faire quelques couloirs de bus par-ci, par-là, que de toutes les façons construire deux nouveaux ponts
reviendrait bien cher, et la crise mon bon monsieur, etc, etc.

Je me demande toutefois si le projet actuel n'aurait pas intérêt à gagner quelques arbres ? Les palmiers/oliviers en pot et les massifs de fleurs à renouveler tous les mois, c'est bien gentil, mais
non, ça ne fait pas le printemps.