Le cabinet Richez imagine le tramway

Publié le par Arnoul MAFFRE

Le cabinet d'architecture Richez associés participe à la conception des aménagements du tramway de Tours. Le site Internet de l'agence propose de nombreuses images de synthèse inédites du tramway, notamment dans le centre-ville de Tours. Les qualités esthétiques du projet et sa bonne intégration dans le paysage urbain tourangeau sont confirmées. Petit coup d'oeil :

Page tramway du site de l'agence

 

Les visuels ont été supprimés du site du cabinet Richez associés.

Publié dans Le projet

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Alain Beyrand 30/07/2010 08:57


Merci, M. Massire, pour votre réponse. Votre plan avant et après est effectivement parlant. Du coup la phrase selon laquelle ça "impacte le pied du talus du coteau et ponctuellement le bois
classé", qui m'apparaissait très minimaliste (et c'est hélas assez fréquent dans l'étude d'impact, sans parler des silences), devient bien plus juste.

D'un autre côté, je garde le fait que le bois est tout de même au ras de l'artère et que mordre sur le talus amène à abattre des arbres tout au bord, même si la présence d'un mur limite les dégâts.
Le fait qu'il n'y ait pas de croix rouges n'est pas significatif, car j'ai déjà vu un autre cas (Pilorget) où ce n'était pas indiqué, probablement parce que ce ne sont pas des arbres associés à la
voirie.

Je vais donc me baser sur les 119 m2 que vous m'indiquez, plutôt que les 400 m2 que j'avais marqués, et sur la longueur totale d'environ 300 mètres. Plutôt qu'une centaine d'arbres, cela
concernerait environ 30 arbres, ce qui fait un arbre tous les 10 mètres, ça me semble être un minimum (et il y a une encoche plus importante).

Et cela nécessitera un élagage très important et régulier (voyez la photo de Google Street, les branches d'arbres atteignent les lampadaires), à moins de mordre un peu plus. D'ailleurs sur le plan
projeté, les premiers arbres sont assez loin du talus. Une cinquantaine d'arbres me semble plus raisonnable. Disons 40 comme valeur moyenne.

Du coup, c'est sensiblement moins important que je le croyais et je vais supprimer ma demande d'étude d'autres solutions pour la remplacer par une demande plus restreinte pour réduire cet impact,
même si je ne peux guère proposer qu'un muret plus haut, la présence d'une piste cyclable, notamment, m'apparaissant justifiée.

En ce qui concerne le Sanitas, je ne suis pas sûr du tout qu'un passage à l'ouest du mail amènerait à requalifier l'ensemble des réseaux de voirie. Je pense même que c'est le contraire, puisqu'il y
a des traces du passage des canalisations de gaz au milieu du mail.


Hugo Massire 30/07/2010 00:29


Bonsoir M. Beyrand, et merci pour votre réponse.

Après lecture attentive des documents, il faut je crois distinguer deux choses : l'emplacement réservé et l'EBC. Le premier est effectivement prévu sur la quasi totalité de la frange ouest de la
rue du Pont-Volant, s'agissant pour le SITCAT de prendre une partie de plusieurs parcelles privées pour réaliser une clôture en dur entre la plate-forme du tramway et les espaces privatifs. Le
second, qui couvre tout le coteau nord de Tours, ne sera effectivement déclassé que sur une faible surface, évaluée à 119m². Le dossier de mise en compatibilité des documents d'urbanisme précise :
« les impacts environnementaux ont été développés dans l'étude d'impact, les incidences sur les boisements resteront marginales dans la mesure où ceux-ci sont épars car implantés sur une zone
rocheuse de forte pente. De plus, pour limiter l'emprise, un soutènement du talus sera réalisé en bordure de l'aménagement ».

Je sais bien qu'il ne faut pas toujours prendre à la lettre ce qui est écrit, mais de là à y voir une telle anguille sous roche ... Pour être allé plusieurs fois sur place à pied : la voie
existante est effectivement étroite, d'où l'obligation de supprimer un trottoir pour permettre l'implantation de la plateforme et des poteaux du tramway. La plateforme déborde même légèrement (d'un
demi-mètre ?) sur l'accotement existant, qui devra donc être rogné et stabilisé par un mur de soutènement. Mais il n'y a bien évidemment pas d'arbres qui poussent sur ce talus.

Voici un lien avec un extrait du plan général des travaux :

http://snofilbleu.free.fr/docs/tramway/pont%20volant.gif

j'ai extrait à gauche l'état actuel, et à droite l'état futur. Comme vous le constaterez, l'emprise du talus est effectivement diminuée côté rue, mais la zone de travaux, délimitée par la ligne
rouge, ne concerne pas les espaces boisés en tant que tel. J'ajoute que les petites croix rouges que vous connaissez bien et signalant la suppression d'un arbre ne sont pas présentes. Je crois donc
très sincèrement qu'il ne faut pas voir, ici, une quelconque tricherie.

Concernant le Sanitas, je viens de m'apercevoir que j'ai écrit une bêtise : une division en fourche de part et d'autre de la promenade plantée ne serait effectivement pas possible. Je me demande
maintenant comme vous s'il n'était pas possible de réaliser un passage à l'ouest de la promenade, en implantation latérale de l'avenue Lattre de Tassigny (et non axiale comme dans le dossier
d'étude d'impact). C'est alors l'ensemble du réseau de voirie qu'il faudrait requalifier, avec le coût que cela suppose, et de nombreuses suppressions de stationnements. Je m'associe du coup à vos
regrets quant à l'absence d'étude de ce scénario ... toutefois, je persiste à croire que la solution la plus économiquement viable reste le passage en lieu et place de la promenade. Je continue
toutefois de déplorer le manque d'originalité et d'intérêt des plantations prévues en remplacement.

J'aurais enfin souhaité connaître votre point de vue sur le passage du tramway le long du lac de la Bergeonnerie : certains riverains ont lancé une pétition, dont vous avez sans doute eu
connaissance, réclamant le passage rue Portalis. Qu'en pensez-vous ?

Cordialement,


Alain Beyrand 29/07/2010 23:12


M. Massire, merci de votre intervention. Je connais mal la rue du Pont-Volant et j'ai pu me tromper. Toutefois, Je me suis appuyé sur plusieurs éléments que j'ai pensé fiables :
- d'abord le témoignage (sur le registre de l'enquête) de M. Hagu, qui me semble très bien connaître les lieux. Je le mets à votre disposition ici :
http://pressibus.free.fr/blogcvl/stations/pontvolant9.jpg
- ensuite le plan du tram montre une zone hachurée qui mord sur le bois : http://pressibus.free.fr/blogcvl/stations/pontvolant1a.jpg
- ça me semble confirmé par la photo de Google-Earth : http://pressibus.free.fr/blogcvl/stations/pontvolant2a.jpg à comparer avec le plan précédent (voyez le prolongement du garage à gauche, sur la
photo il n'y a pas de retrait, sur le plan il y en a)
- et c'est aussi confirmé par la seule photo que j'ai trouvée de Google-Earth où, une nouvelle fois, on voit que le bois n'est pas en retrait par rapport au garage.
http://pressibus.free.fr/blogcvl/stations/pontvolant3b.jpg

De plus, je viens de faire une recherche dans l'étude d'impact, et j'y trouve écrit (Tome 2 E3 page 44) : la solution retenue "impacte le pied du talus du coteau et ponctuellement le bois
classé".

Je suis donc surpris de votre remarque. J'ai expliqué comment, en me servant des échelles du plan et de la photo, j'ai estimé le nombre d'arbres abattus. Malgré vos propos (mais vous aurez
peut-être de nouvelles remarques, suite à ce que je viens de dire), je pense donc encore que mon positionnement est bon.

En ce qui concerne vos autres remarques, je ne suis pas du tout d'accord avec ce que vous dite sur le Sanitas. Bien sûr qu'il existe des solutions qui sauvegardent la promenade arborée. Il y a
d'abord la "solution 1" du dossier d'impact, et il y en a d'autres que j'expose précisément sur ma page http://pressibus.free.fr/blogcvl/promenade/index.html


Hugo Massire 29/07/2010 21:51


M. Beyrand, vous écrivez : « Enfin je souligne que rue du Pont-volant le bois sur la droite sera amputé sur toute sa longueur, environ 300 mètres, ce qui provoquera l'abattage d'environ 100
arbres qui ne sont même pas signalés dans le dossier et ne sont donc pas comptabilisés dans le total des arbres abattus. »

Non, trois fois non ! Ça m'attriste un peu que dans votre objectif - louable - de traquer les défauts (et il y en a, oui !) du projet de tramway tourangeau, vous en trouviez là où il n'y en a
pas... Le plan général des travaux est pourtant clair à ce sujet. La rue du pont Volant est actuellement une route à quatre voies (dont deux réservées aux bus) bordée d'un trottoir de chaque côté.
La largeur de la plateforme du tramway étant plus importante que pour les bus du fait des poteaux supportant les lignes aériennes de contact, le trottoir côté ouest, qui ne dessert aucune
propriété, sera supprimé (cf E3 p.44). Chacun en pensera ce qu'il voudra. Mais il n'est absolument pas question de supprimer des arbres, a fortiori dans les quantités faramineuses que vous annoncez
! Ce d'autant plus que le bois de la Frazelière est un EBC et que la rue du Pont-Volant est à proximité immédiate du site inscrit du manoir du même nom ... Je note par contre cinq arbres à abattre
sur le flanc ouest de l'avenue de la République, en raison d'une clôture qui devra être reconstituée.

Pour le reste, je suis également assez circonspect sur le parti d'avoir des aménagements très minéralisés. On a en France des exemples tout à fait réussis (Bordeaux), mais je ne suis pas certain
qu'ils entrent bien dans le caractère tourangeau. Les places Choiseul et de la Tranchée, en particulier, sont bien désertiques. De beaux matériaux peuvent dégager des effets assez réussis ... mais
sans avoir recours aux inénarrables massifs de fleurs renouvelés toutes les deux semaines, est-ce qu'on ne saurait pas, effectivement, offrir quelque chose d'un peu plus ombragé, d'un peu plus
émollient ? Je n'adhère pas franchement à l'idée d'introduire des arbres rue Nationale, mais certains carrefours peuvent être soulignés, comme celui avec les rues des Halles et de la Scellerie. Je
suis aussi un peu attristé de voir projeté la suppression des arbres place Jean Jaurès. Je doute que les travaux ne permettent pas de les préserver, et que l'architecture des stations soit aussi
peu flexible pour ne pas pouvoir s'accommoder d'une dizaine d'arbres que les tourangeaux connaissent bien.

Pour ce qui est du Sanitas, je suis pour ma part convaincu qu'aucun tracé ne peut permettre la sauvegarde de l'allée plantée, sauf à diviser la ligne en fourche passant de part et d'autre, avec
l'explosion du coût que cela suppose. Mais le projet élaboré en remplacement est un peu triste, sans originalité. Des arbres, toujours alignés en rang d'oignons, et surtout bien moins nombreux.
C'est ce que je reprocherais surtout - sur ce volet - à la mouture actuelle du tramway : pas assez d'arbres. C'est bien d'en faire sur les parkings-relais, bravo, mais combien de temps y passe-t-on
? Deux minutes, le temps de sortir de sa voiture ou d'y rentrer ? Quel passage, par rapport aux grandes places tourangelles ? C'est en cœur de ville qu'il faut des arbres, pas forcément partout,
pas forcément à fort développement, mais en tout cas davantage que ce qui est actuellement prévu.


Alain Beyrand 28/07/2010 07:46


Merci d'avoir signaler ces images très révélatrices.

La première est celle de la rue nationale complètement grise, blanche et rouge, sans le moindre brin de verdure. Elle devient extraordinaire avec sa légende qui ose dire qu'est développé un "projet
végétal durable". Les intention décrites ont mal été suivies d'effets, au moins en centre-ville. Développer un "quatrième paysage" c'est d'abord arborer toutes les stations et refuser de telles
aseptisations de notre espace public.

Pour la place Choiseul, la place de la gare et la place Thiers (où le mal est déjà fait... même si l'image essaye de transformer en arbres les arbrisseaux du pourtour), c'est pareil. Pour la place
Choiseul, c'est même pire puisque la double rangée de 7 tilleuls doit être abattue avec des arbres replantés au même endroit, ici 5 de chaque côté, et qui mettront plus de 50 ans à avoir la taille
montrée. Et toute en gris, que notre ville sera gaie ! Surtout que ça sera rapidement un gris sale...

Dans le régistre de l'enquête publique (les témoignages y sont nombreux et souvent intéressants), j'ai trouvé cette remarque fort judicieuse. "Le gris est un mauvais choix pour plusieurs raisons.
D'abord, ce n'est pas conforme à l'esprit architectural tourangeau, traditionnellement fait de pierre blanche et de tuile noire" (pour ne pas dire ardoise, j'ajoute les pavés beiges qui étaient
omniprésents il y a un siècle). "Ensuite, le gris vieillit mal, et ce d'autant plus qu'il aura correspondu à une mode. Enfin le gris est une couleur mal connotée (la "grisaille"), qui ne favorise
pas la joie de vivre." Il est ensuite ajouté ce propos qui rejoint bien sûr le mien : "On ne reviendra pas sur la portion congrue qui sera laissée aux espaces verts, alors qu'elle aurait permis
d'atténuer la dominante grise du projet". C'est la conquête du gris, pas celle du végétal. Les principes du départ ont été bafoués.

Enfin je souligne que rue du Pont-volant le bois sur la droite sera amputé sur toute sa longueur, environ 300 mètres, ce qui provoquera l'abattage d'environ 100 arbres qui ne sont même pas signalés
dans le dossier et ne sont donc pas comptabilisés dans le total des arbres abattus.

On voit avec ces images la vaste tromperie d'un projet qui a des bases très saines, avec la notion d'un quatrième paysage qui se veut "création d'une continuité verte", qui "permet la valorisation
et la modernisation du patrimoine végétal existant", qui se veut une succession de "lieux jardins", qui veut s'appuyer sur le patrimoine arboré, le remettre en scène, qui se veut conquête ou
reconquête végétale. La mise en oeuvre fait tout le contraire en centre-ville avec un évident recul du végétal (510 arbres abattus pour 374 plantés sur la moitié centrale du parcours). Voyez le
plan du bas, au Sanitas, il est noté qu'il y a de la structure végétale confortée et créée, alors qu'en réalité 212 arbres doivent y être abattus et 122 plantés.

J'ai réalisé trois dossiers (le 3ème se termine, ils sont ici : http://www.pressibus.org/tram) pour demander à ce que le "quatrième paysage" soit rétabli. mais la tromperie est telle, et elle
repose sur une culture municipale de "rénovation" qui n'a que trop la mauvaise habitude de faire reculer le végétal et qui est tellement omniprésente, qu'il sera très difficile de faire émerger ce
concept aujourd'hui trop révolutionnaire de conquête végétale urbaine...