Le Cher franchi à pieds secs !

Publié le par Arnoul MAFFRE

C'était le 13 avril dernier. Après une visite du centre de maintenance, l'ingénieur de CitéTram Vincent Arnault a accepté d'être encore le guide d'"Un tram pour Tours" sur le deuxième plus grand chantier de la ligne de tram : le pont sur le Cher. Pas un monstre, mais une belle bête, tout de même, de 235 mètres de long et 13 mètres de large, qui se dresse sur deux culées et trois élégantes piles de béton en "V".

Depuis l'impressionnante arrivée des caissons par convois exceptionnels depuis Chateauneuf-sur-Loire, leur lieu de fabrication, puis la pose du hourdis l'hiver dernier, le chantier du pont a retrouvé une certaine discrétion. Ce qui ne l'a pas empêché d'avancer à un bon rythme.


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Vincent Arnault apporte quelques explications de base avant que nous foulions enfin le tablier de béton. Tours, 13 avril 2012.

 

Et tout a été prévu ! En terme de masse, l'ouvrage a été dimensionné pour le passage de rames de tram-train, plus lourdes que les tramways classiques. Les efforts latéraux induits par le franchissement, par une telle rame, d'un hypothétique aiguillage de communication entre les deux voies ont même été pris en compte.

Les utilisateurs du pont ne seront pas en reste. Des escaliers, sur chaque rive, permettront aux piétons de passer de la berge au pont, en plus des accès en pente prévus pour les PMR et les cyclistes. Arrivés sur l'ouvrage, ils bénéficieront d'un trottoir de 2 mètres côté aval, et d'une voie verte de 3 mètres côté amont. Au centre, les tramways, bus et autres véhicules de secours bénéficieront de 7 mètres pour se croiser en toute sécurité.

 

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La multitubulaire continue de suivre le tram, même sur le pont où elle se cache sous le trottoir, côté aval. Tours, 13 avril 2012.

 

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Côté rive gauche, l'emplacement de la chaussée qui permettra aux véhicules routiers de rallier l'avenue Portalis depuis le pont se précise. A terme, l'enrobé arrivera au niveau des bouches d'assainissement et du mur de soutènement, au dont. Le tram lui, prendra tout droit en redecendant en pente douce. Tours, 13 avril 2012.

 

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Les fourreaux voient pour quelques heures encore la lumière du soleil, avant de disparaître sous le béton. Tours, 13 avril 2012.

 

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Les cyclistes bénéficieront d'une véritable autoroute pour rejoindre les Deux-Lions depuis Tourc-centre. La voie verte du pont se prolongera le long des rails du tram, juste le long du mur de soutènement visible à gauche de la photo. Tours, 13 avril 2012.

 

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Conçus comme des belvédères sur le Cher, qui offre un aspect sauvage appréciable, les accès aux escaliers offriront un très beau panorama urbain. Tours, 13 avril 2012.

 

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Le décaissement prévu pour accueillir les voies sera comblé à terme. Ou presque : une différence de niveau symbolique de quelques centimètres sera maintenue pour bien différencier la plateforme des espaces réservés aux circulations douces. Tours, 13 avril 2012.

 

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Vue générale du chantier depuis la base vie, implantée en rive droite. Tours, 13 avril 2012.

 

Pont de Vendée : pourquoi la pile n'a pas été réutilisée ?

DSC03479Trois raisons majeures expliquent pourquoi la pile qui subsistait de l'ancien pont de Vendée, l'ouvrage ferroviaire qui passait par là avant l'élargissement du Cher, n'a pas pu servir à nouveau. D'abord, le diagnostic a été fait qu'elle ne résisterait pas au poids du nouvel ouvrage. Une faiblesse liée à sa construction, puisque sous son apparente robustesse, la pile cacahit sous ses pierres... de la terre et de sable. De plus, un problème d'axe s'est posé : en réutilisant cette pile, le tablier aboutissant en rive gauche aurait été orienté trop à l'est, ce qui aurait rendu impossible l'insertion de la voie verte sur le talus de la Bergeonnerie. Enfin, l'ancienne pile était trop basse pour recevoir le tablier à l'altitude prévue. Autant de raison qui ont conduit à la destruction pure et simple de ce dernier témoignage, en mars 2011.

Photo : la pile de l'ancien pont de Vendée, presque deux ans jour pour jour avant la visite avec Vincent Arnault (6 avril 2010).

 

Comme pour répondre à ceux qui se sont opposés à la construction du pont, Vincent Arnault précise que la sous-face de l'ouvrage se trouve à la cote 50,15 NGF (nivellement général de la France), soit 15 cm de tirant d'air supplémentaire par rapport à l'autorisation. ce qui le place plus haut que d'autres pont franchissant le Cher à Tours.

Enfin, pour la pose de voie, ce n'est maintenant plus qu'une question de jours sur ce pont qui, à la date de la visite, était en instance de livraison. Si le premier tram devrait franchir le nouveau pont en mars 2013, espérons que les piétons et les cyclistes puissent bénéficier de ce nouveau lien dès les travaux finis, c'est-à-dire en novembre prochain, si tout va bien !

Publié dans Les ouvrages d'art

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